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Il a bruiné toute la nuit. Le ploc ploc des gouttes d'eau sur la toile de tente nous a bercé. Au petit matin, nous nous levons. Dans le camping, ça roupille sec. Le labrador du camping vient assister au pliage de la tente. Il est le seul à nous dire au revoir lorsque nous quittons le camping. Nous voila partis, le ciel est encore chargé.

Etape 6: Montferrier-Tarascon sur Ariège via le mont Fourcat


En quittant Montferrier (690 m), il faut essayer  de retrouver le GR qui est très mal indiqué. Après avoir fait deux ou trois fois demi tour entre l'espace poubelle et les terrains de jeux, on décide de couper tout droit. J'ai l'impression que parfois il vaut bien mieux se fier à son instinct que de de galérer à tourner la carte dans tous les sens....Et effectivement, nous retrouvons notre sentier.

Nous suivons tout d'abord de petites routes goudronnées. Nous traversons quelques petits hameaux, quelques fermes (résidences secondaires pour la plupart) sans rencontrer âme qui vive, pas même un chien qui ne nous gueule dessus. Le hameau de Martinant est ravissant à tout point de vue, belles maisons basses bien restaurées, bien fleuries, joli point de vue. Entre deux sous bois, nous apercevons ce sommet qui nous  défie car culminant à 2000 m....


Le lecteur attentif en visionnant cette photo aura remarqué, grâce à sa grande perspicacité, une légère contradiction entre le texte précédent et cette photo....Je sais, le ciel est bien trop bleu pour un ciel dit chargé. Je prie le lecteur de bien vouloir m'excuser, cette photo ne date de cette rando mais d'une autre que l'on avait fait en 2005. Malgré l'anachronisme, le sujet en est le même.



Nous franchissons  le petit ruisseau de la Touyre et nous quittons la route goudronnée pour nous engager dans un chemin forestier qui grimpe vers le hameau de Fremis (975 m). Ce chemin est typique des chemins de montagne. Le côté vers l'amont est un mur de pierre, vers l'aval qu'une pente avec un fort dénivelé.  J'ai toujours une pensée pour tout ceux qui ont dressé ces pierres en mur, sur des kilomètres, en pleine  montagne et parfois sur deux mètres de hauteur....Que de boulot.....Ce sentier est bien agréable à suivre. Même s'il monte assez brusquement, l'ascension en est assez aisé car le sous bois est bien humide et il y règne une certaine fraîcheur.



Arrivé à Fremis, nous sommes légèrement déçus car des engins forestiers ont emprunté ce chemin. Ils l'ont défoncé et avec les pluies de la veille, c'est un champ de boue. Nous pataugeons quelques temps avant de suivre une route forestière nous amenant au Pla de la Mounoye (1388 m). Un tronçon de ce chemin a été colonisé par des araignées. il y a des toiles partout, ce qui ravit ma chère!!



Nous quittons la route forestière pour emprunter un chemin qui monte dans une sapinière.  Nous rencontrons toujours la même végétation mi feuillus, mi sapins. Chose surprenante sur ce chemin, alors que nous sommes en pleine été, il y a des dizaines de centimètres de feuiiles mortes... C'est le calme absolu. Nous n'entenons que le bruit de nos pas dans les feuilles. Le ciel commence à se découvrir au fur et à mesure de notre ascension. La mer de nuages poursuit son chemin vers le nord.



Alors que nous ne sommes plus bien loin de la fin de la forêt, nous faisons une pause pour boire et souffler. Impressionnés par  le silence, nous ne parlons pas. Nous sommes statiques même. Et soudain, nous entendons avant de voir, trois biches gambadant joyeusement dans les bois. Elles ne nous voient pas. Elles s'arrêtent quelques instants, puis repartent sans jamais s'être rendu compte de notre présence!!

Enfin, nous quittons la forêt. Et ça fait plaisir de voir le panorama devant nos yeux. Il devient de plus en plus beau au fur et à mesure de notre ascension
.



Après avoir mangé et s'être un peu restauré, nous mettons le cap sur la cabanne de Coulobre (1588 m). C'est le petit point en haut à droite de la photo!!



En fait cette cabanne a bien plus de gueule de loin que de près!!



Bon je ne vous raconterai pas, comment nous sommes recouverts de honte ma chère et moi même en grimpant vers cette cabanne....Bon, ok d'accord je vous raconte. Alors, il faut savoir que depuis notre arrivée à Puivert, nous n'avons fait que nous croiser avec un des ours des Pyrénées. Je ne sais pas comment nous ne sommes pas vus. Il était ou quelques heures avant ou quelques heures après aux même endroits que nous (quoi pas tout à fait, il ne dormait pas les mêmes gîtes !!) A Montferrier, en faisant les courses, la veille, dans l'épicerie en discutant avec des Ariégeois, ils m'ont fait comprendre que nous étons un peu cinglés d'aller au mont Fourcat puisque l'ours y était. Pour nous, il n'était pas question de nous arrêter maintenant, nous avons donc suivi notre périple mais nous avions bien en tête que nous pouvions voir cet ours...Or en grimpant vers la cabanne, la boule de poil sur la photo précédente (qui est une chèvre) était couchée dans la pente qui montait très fort. Elle nous est apparue bien plus impressionnante qu'elle ne l'était. Ne voulant pas attité l'attention de ce monstre imposant, nous avons commencé à faire un gros détour, persuadé qu'il s'agissait d'un........................ours. Lorsqu'elle s''est levée et que nous nous sommes rendus compte l'ours avait des cornes et qu'il broutait, on s'est senti un peu.....bête?



Toujours est il que de cette cabanne, nous avons pris la direction des trois grands cairns (1713 m).





Puis nous dirigeons vers un col entre le Pic de la Lauzate et  le Mont Fourcat (1800 m). En traversant cette dernière montée, nous nous sommes retrouvés au milieu de nuages d'insectes bizarres à grandes pattes qui voulaient absolument rentrer dans nos bouches. Nous y avons vu également un superbe crapaud. Je ne savais qu'il pouvait vivre à cette altitude.




Enfin, nous arrivons au col. Cela fait maintenant 6/7 heures que nous sommes partis. Le panorama vers la Haute Ariège se déploie devant nous.





Après avoir grimpé, il nous faut descendre jusqu'à Tarascon sur Ariège. Nous marchons quelques temps dans cette vaste prairie, puis dans les bois. La fatigue commence à se faire sentir dans la descente, les jambes deviennent dures, les sacs commencent à nous tirer sérieusement dans les épaules.

La descente n'est pas folichonne. De plus, plus nous descendons, plus la température monte. Arrivés à Arnave (576 m, soit 1300 m de dénivelé en descente dans les papates après les 1300 de la montée), on en a marre. Nous n'avons presque plus d'eau. Afin de nous préserver un tant soit peu, nous faisons une pause à côté de la chapelle.





Tant bien mal que bien, nous repartons pour la toute dernière partie de notre pérégrination. Nous progressons lentement, très lentement et fourbus nous y arrivons enfin à Tarascon.



Nous sommes harassés et nous nous dirigeons droit vers la première terrasse. Nous y buvons tout notre comptant d'eau!! Puis, las, nous téléphonons à un taxi pour aller jusqu'à Saurat, où une partie de ma famille nous attend. Repos, repos, repos!!!









Tag(s) : #Vadrouilles en pays cathare