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"De l'autre côté, une nuée noire et effrayante, déchirée par des vapeurs incandescentes formant des sinuosités et des zigzags, s'ouvrait pour donner de longues traînées de feu.....A peine nous étions-nous assis que ce fut la nuit, non comme une nuit sans lune ou nuageuse, mais comme dans un espace clos, toutes lumières éteintes, on entendait le gémissement des femmes, les vagissemnts des bébés, les cris des hommes; les uns cherchaient de la voix leur père et leur mère, les autres leur femme, tâchaient de se reconnaître à la voix. Certains déploraient leur malheur à eux, d'autres celui des leurs. Il y en avait qui par frayeur de la mort, appelait la mort. Beaucoup élevaient les mains  vers les dieux; d'autres plus nombreux, prétendaient que déjà il n'existait plus de dieux, que cette nuit serait éternelle et la dernière du monde...Enfin, ce nuage, pour ainsi dire affaibli en fumée ou en brouillard, disparut; ce fut bientôt le jour véritable; même le soleil se mit à briller, jaune pourtant, comme il est d'habitude lors d'une éclipse. Tout, à nos yeux en désarroi se présentait transformé et recouvert d'une profonde couche de cendres, comme de la neige." Pline le Jeune, Lettres, VI,20

 

Pompei

 

Visiter Pompéi c'est comme rentrer dans une ville où la mort a frappé sans prévenir où tout a été figé inéluctablement, inexorablement. La vie fut scellée par l'éruption du Vésuve qui se déroula de l'après midi du 24 août 79 ap JC au 26 août de cette même année. Le déroulement de cette tragédie est connue par les letrres qu'envoya Pline le Jeune à l'historien Tacite. Le témoignage de Pline Le Jeune est celui d'un témoin oculaire des événements, celui d'un homme se trouvant à Misène de l'autre côté de la baie de Naples.
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Dans les derniers jours d'aout, il y eut de nombreuses secousses sismiques. Fréquentes en Campanie, elles n'ont provoqué aucune terreur. Dans l'après midi du 24 août, la mère de Pline  fait remarquer à son frère, Pline l'Ancien, l'énorme nuage en forme de pin et de couleur changeante se dégageant du Vésuve. Après avoir reçu un appel à l'aide de Rectina, la femme de Tascius, qui habitait sur les pentes du Vésuve, Pline l'Ancien, amiral d'une flotte romaine décide de porter secours au plus grand nombre de personnes possibles car l'éruption du Vésuve avait bloqué toutes les issues terrestres.

 

Durant la traversée de la baie de Naples, les cendres crachées par le volcan, mêlées à de la pierre ponce et aux lapili enflammés contraint la flotte à se diriger vers le port de Stabies distant de Pompéi de 4 lieues, le 25 au soir Le vent issu de l'éruption était favorbale à l'accostage mais pas à la fuite vers la mer. L'amiral débarqua alors et dina chez un ami à lui, un dénommé Pomponien. De sa villa ils assistèrent à l'éruption. La pluie de cendres ne cessant pas, emplissant la cour de la villa de Pomponien contraint les convives à sortir de la salle à manger. Les secousses sismiques continuaient et  menaçait la stabilité des bâtiments.

 

L'aube du 25 août se leva mais la lumière du soleil ne réussit à percer les nuages de cendres. La chute persistante des cendres mélangés aux dégagements de soufre provoquèrent la mort de Pline l'Ancien. " Dès que le jour fut revenu, on a retrouvé son corps intact, en parfait état, et couvert des habits dont il était habillé; la position de son corps ressemblait plus à quelqu'un qui se repose qu'à un mort."

 

Comme lui, de nombreux Pompéiens moururent étouffés par ces émanations de soufre. La ville fut recouverte d'une épaisseur de 6 mètres de cendres et de pierres. Elle tomba alors dans l'oubli pendant de longs siècles jusqu'à ce qu'en cette fin du XVI ème siècles des travaux pour détourner le fleuve Sarno permirent de découvrir des inscriptions en latin. Jusqu'en 1748, malgré les premières "fouilles", on ne savait si cette ville était Stabies (troisième cité ensevelie avec Herculanum) ou Pompéi.

 

Pompei

 

Il y a des choses que j'ai du mal à concevoir tant que je ne me retrouve pas face à elle. Jusqu'à cette journée du 08 mai 2010, je ne saisissais pas la réalité du sens de "cité ensevelie". Pourtant c'est simple, il s'agit d'une cité qui a été rayée de la carte en 2 jours. C'est une cité d'environ 20.000 habitants recouvrant une surface de 70 hctares qui a disparu. C'est si simple, mais si énorme que j'ai eu du mal à concevoir ce que cela représentait jusqu'à ce que je traîne mes docs pendant 8 heures dans cette ville sans faire une seule pause. C'est si simple, c'est une ville qui a disparu....

 

Je pense que je me souviendrais toujours de l'émotion que j'ai eu en empruntant la voie menant à la porta marina et en découvrant l'enceinte de cette ville entièrement conservée. Même les meilleures descriptions du meilleur traité d'archiecture militaire ne peuvent rivaliser avec la réalité. C'est bien simple, j'ai été sidéré pendant toute la visite.J'ai eu sous les yeux tout ce que l'on m'a rabaché raconté pendant de longues années à la fac. J'ai vu dans un état de conservation à faire pâlir les moindes restes archéologiques  que je rencontre dans mon activité professionnelle...à en être dégouté!!

 

Pompei

 

Après avoir visité les musées et vu nombre d'objets magnifiques et prestigieux, il est plaisant de se promener dans une ville et d'être confronté à la vie de tous les jours des citoyens aussi bien riches qu'issus de la classe moyenne ou pauvre. Dans cette ville, on y trouve des artefacts des plus anodins comme des passages protégés, ben oui c'est pas parce qu'on est pompéien qu'on a le droit de se faire renverser par un char!!

Il s'agit de pierres formant un ovale d'une hauteur inférieure aux essieux des chars.

 

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Il y a des demeures plus ou moins luxueuses.

 

Pompei

 

 

Pompei

 

 

Pompei

 

Avec de belles fresques encore en place. Après avoir vu celle ci, je me suis dit que Botticelli n'était qu'un copieur sans aucune once d'originalité!!

 

Pompei

 

Pour moi le plus important fut de découvrir tous les oubliés, tout ceux qui ont fait fonctionner la cité, les humbles, les oubliés de l'histoire sans qui cette cité n'aurait pas été viable commes les petits commerçants et artisans.

 

Le boulanger dont vous avez vu le portrait. Dans sa boulangerie, ses fours et ses meules sont toujours visibles presque en état de fonctionner.

 

Pompei

 

  Pompéi

 

Il y avait également une foulonnerie dont les bassins sont encore en état d'être utilisés.

 

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On trouve aussi de nombreux thermopolium, c'est à dire des équivalents de snack bar!! On y servait des plats et boissons chaudes. Le "bar" est en maconnerie dans laquelle sont encastrés les dolia (vases) destinés à contenir les denrées. Les gens consommaient soit debout au bar, soit assis dans des salles à l'arrière de la boutique.

 

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Moins reluisant (même si je sais qu'il ne faut pas juger le passé), comme dans toutes les villes, il y avait des prostitué(e)s oeuvrant dans le lupanar.

 

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Au terme de cette visite je conserverais comme souvenir de Pompéi un plaisir immense  de nous être promené seuls dans les rues de cette cité romaine. L'immersion y est simple. Il n'y a qu'un voile à déchirer pour s'imaginer déambulant dans les rues en compagnie de tous ces fantômes.

 

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Plus prosaïquement, mes pieds garderont un souvenir plus douloureux de ce séjour à Pompéi. Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas eu aussi mal aux pieds. J'ai même réussi à me casser un ongle de pied et avoir  trois ampoules...J'ai claudiqué la fin d'après midi et toute la soirée!! Dans le train nous ramenant à Naples je me suis endormi, les images de cette ville s'emmêlant dans mon esprit.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tag(s) : #Italie